Je sais ce que je ne veux plus, mais je ne sais pas ce que je veux

Il y a ce moment où quelque chose bascule. Tu te dis : « C’est fini. Là, maintenant, je ne veux plus vivre ça comme ça. » C’est net, c’est clair, c’est même la seule chose de claire.

Et juste derrière, une autre phrase arrive, plus petite, presque murmurée : « … mais je fais quoi, alors ? »

Tu cherches quoi mettre à la place. Tu ne trouves pas. Et très vite, tu te dis que tu tournes en rond, que tu n’y arriveras pas, que tu n’es peut-être pas faite pour changer. Ce n’est pas ça qui se passe.

Ce n’est pas un blocage, c’est une étape

On croit souvent qu’avant de bouger, il faut savoir où l’on va. Que sans destination claire, on ne peut rien décider. Alors on attend d’avoir la réponse — et comme elle ne vient pas, on ne bouge pas, et on s’en veut.

Sauf que ça ne marche pas dans cet ordre.

Savoir ce que tu ne veux plus, ce n’est pas la moitié d’une réponse. C’est une information complète. C’est même la plus fiable que tu aies, parce qu’elle ne vient pas d’un raisonnement : elle vient de ce que tu as vécu, ressenti, encaissé. Tu ne l’as pas déduite, tu l’as éprouvée.

Ce que tu veux à la place, en revanche, tu ne l’as pas encore vécu. Comment pourrais-tu déjà le connaître ?

L’exemple des lunettes

Quand ta vue baisse, tu t’en rends compte à des choses simples : tu plisses les yeux, tu tiens ton téléphone plus loin, tu as mal à la tête le soir. Tu sais que ça ne va plus.

Est-ce que tu sais pour autant quelle correction il te faut ? Non. Personne ne le sait d’avance, et surtout pas toi. Et pourtant tu ne restes pas chez toi à attendre de trouver la réponse toute seule. Tu vas essayer.

Chez l’opticien, on ne te demande pas de deviner. On te fait essayer une paire, puis une autre. Trop fort, trop faible, mieux. Et à un moment, une paire te va. Tu ne l’avais pas imaginée : tu l’as reconnue en la portant.

Changer de vie fonctionne pareil. Tu n’as pas à trouver la bonne réponse d’avance. Tu as à essayer d’autres façons de voir, et à observer laquelle t’apaise vraiment.

Chercher la bonne réponse te bloque

Tant que tu cherches la réponse — la bonne, la définitive, celle qui va tout régler — tu te condamnes à l’immobilité. Parce qu’une réponse pareille, ça ne se trouve pas dans la tête. Ça se confirme dans le temps.

Et il y a autre chose qui coince : si tu crois qu’un choix est définitif, tu n’oses plus choisir. C’est logique. Qui se lancerait en sachant qu’on ne pourra pas revenir ?

Mais c’est faux. Tu peux revenir en arrière. Tu peux essayer une façon de faire, constater qu’elle ne te va pas, et en essayer une autre. Ce n’est pas un échec, c’est le fonctionnement normal. Chez l’opticien, personne ne repart humilié parce que la première paire n’était pas la bonne.

Une fois que tu sais que c’est réversible, tu peux enfin oser.

Une chose à essayer, cette semaine

Si tu tournes en rond, une piste — une seule, petite :

Prends une feuille et écris ce que tu ne veux plus. Pas ce que tu veux : ce que tu ne veux plus. Sois précise, note les situations concrètes, celles qui se répètent.

Puis relis, et cherche ce qu’elles ont en commun. Souvent, ce n’est pas la situation elle-même qui revient, c’est autre chose derrière : ne pas être écoutée, ne pas décider, ne pas avoir de temps à toi, porter ce qui ne t’appartient pas.

Ce point commun ne te dira pas où aller. Mais il te dira dans quelle direction regarder — et c’est déjà beaucoup plus qu’un rond dans lequel tourner.

Ce que ça ne fait pas

Je ne vais pas te dire que ça va tout débloquer. Ce petit exercice ne remplace pas le temps qu’il faudra, ni les essais, ni les ajustements. Il ne te donnera pas ta destination.

Ce qu’il peut faire, c’est te sortir de l’idée qu’il faut tout savoir avant de bouger. Parce que non : on avance en essayant, et c’est le temps qui confirme.


Si tu as décidé que quelque chose doit changer et que tu veux être accompagnée pour essayer d’autres façons de regarder ta vie, tu peux m’écrire. On fait connaissance, sans engagement.

Géraldine PETIT — Déclic Voir autrement, pour choisir librement.